Au premier regard, l’installation silencieuse Power Plants, déployée dans un espace sombre, semble relever du champignon de la fin du monde, une espèce comestible qui, comme l’a longuement analysé l’anthropologue Anna Lowenhaupt Tsing, naît sur les sites dévastés par l’exploitation capitaliste. L’œuvre suscite avec humour une sorte de danse avec la technologie. Hito Steyerl y oppose les pouvoir magiques de l’invention, de l’imagination de l’avenir qui a toujours passionné les sociétés humaines, à la prédiction froide et aveugle des algorithmes d’anticipation, qui modèlent les événements à venir à partir de données passées.
La vidéo narrative This is the Future, qui complète l’installation, donne à méditer cette menace d’une répétition de l’histoire dans une société privée d’esprit, qui confierait son avenir sans jugement aux seuls outils informatiques. L’artiste y célèbre l’imaginaire de la science-fiction, les pouvoirs de la photosynthèse, à la source de toute naissance et toute évolution des formes nouvelles de la vie sur terre.
La vidéo narrative This is the Future, qui complète l’installation, donne à méditer cette menace d’une répétition de l’histoire dans une société privée d’esprit, qui confierait son avenir sans jugement aux seuls outils informatiques. L’artiste y célèbre l’imaginaire de la science-fiction, les pouvoirs de la photosynthèse, à la source de toute naissance et toute évolution des formes nouvelles de la vie sur terre.
Avec sa chambre photographique, Serralongue suit le passage des campements vers la ville informelle et le « bidonville d’État », devenus la « jungle » de Calais, ainsi que son démantèlement et la présence précaires des migrant.es depuis. La lenteur de la prise de vue, caractéristique du travail à la chambre, nécessite à la fois distance et proximité avec le sujet photographié, fondées sur une relation de confiance avec les habitants. Chaque image évoque un aspect de la vie sociale et quotidienne du camp, qu’il s’agisse de la communication par téléphone portable, du manque d’eau et d’hygiène, de l’installation de petits commerces ou de la tension tangible entre les forces de l’ordre et les réfugiés. L’ensemble de la série propose un tableau composite de la « jungle ».
Les deux œuvres acquises en l’honneur de Bernard Blistène renforcent la présence de témoignage après le démantèlement de la « jungle », en sauvegardent les traces et font le constat du présent. Elles résonnent avec d’autres images en collection, ajoutant un nouveau grand paysage, le dernier refuge, et mettant l’accent sur les « printed matters » et les « letters from the people » – aspect particulièrement cher à Bernard Blistène. A l’image de cette petite carte de crédit téléphonique enfermée sous plastique, lien de communication existentiel.
Les deux œuvres acquises en l’honneur de Bernard Blistène renforcent la présence de témoignage après le démantèlement de la « jungle », en sauvegardent les traces et font le constat du présent. Elles résonnent avec d’autres images en collection, ajoutant un nouveau grand paysage, le dernier refuge, et mettant l’accent sur les « printed matters » et les « letters from the people » – aspect particulièrement cher à Bernard Blistène. A l’image de cette petite carte de crédit téléphonique enfermée sous plastique, lien de communication existentiel.